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2013-10-09T23:00:23+02:00

Changer

Posted by Maman Blogueuse
Changer

Cette semaine, un sujet enflamme la blogosphère parentale. Un de ces sujets pour lesquels les « pros » et les « contres » se livrent une bataille acharnée qui se termine généralement en une sourde oreille collective (avec souvent des injures à la clé), rendant toute discussion absolument impossible.
Non, ce n’est pas l’allaitement. Non ce n’est pas le portage physio. Ni les petits pots, le bio, les couches lavables, les jouets en bois, j’en passe et des meilleurs. Il s’agit de la fessée.

C’est suite à ce superbe billet de Ginie qui m’a tiré des larmes de bon matin et pratiquement devant mon boss (j’ai un boulot monstre comme tu vois). Je t’invite à aller le lire directement plutôt que de te faire un résumé, ce sera plus rapide.

La fessée donc. Pas l’enfant battu non, pour ça tout le monde s’accorde à dire que c’est ignoble. Au bas mot. Non juste la fessée ou la claque sur la main pour se faire respecter. Parce que «moi j’en ai eu, ça m’a fait comprendre les interdits ». Ou « j’en suis pas morte de mes fessées ». Mais aussi « Heureusement que j’avais des fessées sinon je n’en serai pas là aujourd’hui ».
Pour certains donc, la fessée s’apparente à un mode d’éducation qui permet d’une de se faire respecter, et de deux de poser les limites et les interdits à l’enfant.

Pas toujours évident pour nous, les parents. Pas toujours facile, devant un enfant qui par exemple va refuser de donner la main pour traverser la route, de rester calme malgré les pleurs de colère parce qu’il veut faire comme un grand, alors que tu sors d’une journée harassante de boulot et que tu te trimballes les courses, le sac de crèche, le pc du boulot et ton sac à main. Et que tout ce que tu veux c’est rentrer rapidement. En évitant si possible que le petit passe sous une voiture.

La première étape chez nous, c’est l’explication. Pourquoi c’est comme ça, viens je te montre, je t’explique comment ça fonctionne. Quand ça passe, c’est génial. Mais bien sur y’a des loupés. Y’a des moments où le gnome aussi il est fatigué et il s’en carre royalement de ce que tu lui racontes, il veut son truc, point, non négociable. Et donc ça part en crise.
Deuxième étape : canaliser. Continuer à expliquer, câliner, faire preuve d’empathie et disant qu’on comprend la frustration de l’enfant. Chez Tichou par exemple cette étape-là passe bien, en général il se calme et on essaye de trouver une solution pour contourner le problème.
Mais avec ChoupChoup qui est dans sa période « je veux faire toute seule et surtout tu m’aides pas », c’est plus compliqué. Elle se roule par terre, hurle, tape, donne des coups de pieds.
Alors après quelques minutes je préfère l’isoler un (petit) moment pour qu’elle se calme et ensuite c’est bon, on se fait un gros câlin, on reprend la situation, on réoriente l’enfant sur une autre chose ou une autre solution, et basta, c’est réglé.
Evidemment quand ton gosse se roule par terre dans la rue parce qu’il veut traverser la route tout seul et qu’après 10 minutes sous la flotte t’arrives à rien, la seule chose que j’ai trouvé c’est de prendre l’asticot sous le bras et de se mettre à l’abri. En pestant.

Mais la fessée dans ces situations, à quoi servirait-elle ? A défouler le parent ? A apprendre à l’enfant, dans la douleur parfois, mais l’humiliation surtout, qu’il n’a pas le droit de ressentir ce qu’il ressent ? Qu’il doit uniquement obéir ? Que ce qu’il souhaite n’est pas entendu et qu’il n’a pas le droit de faire part de son mécontentement ?
Un enfant prend un verre et le casse par mégarde, faut-il lui en coller une sur le derrière pour qu’il apprenne à faire attention ? Quel est le réel intérêt pédagogique de la chose ?
Comment apprendre à un enfant qu’il ne faut pas frapper si nous, parents, nous le faisons ?

Soyons clairs à cette étape. Je me confesse, il m’est arrivé effectivement de mettre quelques fessées. Pas beaucoup. Mais inexcusables. C’est moi l’adulte, c’est à moi de me contrôler. Ce que je n’ai pas réussi à faire à ces moments-là. Je m’en veux encore. Je refuse que mes gosses aient de moi cette image, je refuse qu’ils m’obéissent par crainte. Je ne me cherche pas d’excuse car frapper (car mettre une fessée est bien frapper) son enfant n’est pas excusable. On peut toujours se trouver des raisons, on peut être furieux contre eux parce qu’ils ont vraiment fait une grosse boulette. Mais je n’avais pas le droit de leur faire ça.

Je les gronde aussi. L’autre jour ChoupChoup a trouvé hilarant de mettre la moitié de la flotte du bain au sol pendant que je sortais une casserole pour le dîner. Elle est sortie illico. Séchage, grondage (j’invente des mots) en bonne et due forme, et au coin. Avec les explications qui vont bien, comme quoi j’étais vraiment très fâchée pour le coup. Je peux gueuler aussi, quand vraiment ils dépassent les bornes.
Bien sûr qu’il peut arriver que « la main démange » comme on dit. Je ne suis pas infaillible. J’ai été élevée avec la fessée et dans un contexte familial quelque peu complexe, j’ai des « automatismes » et des rancœurs ancrées dont j’essaye de me défaire, que j’essaye d’exorciser. Je travaille sur moi, je me renseigne, je cherche des solutions alternatives. Car je ne veux pas élever mes enfants avec la fessée.
Je veux qu’ils me respectent parce que je les aurais aussi respecté eux. Je veux qu’ils apprennent que la violence ne règle pas les problèmes.
Je ne reviendrai pas sur les statistiques de ces pays qui ont voté une loi interdisant les punitions corporelles et qui prouvent que ce n’est pas parce qu’on ne lève pas la main sur son gosse qu’on en fait un « enfant roi » qui se croit tout permis et qui nous crachera au pif à 12 ans. Si tu veux des infos sur le sujet, le net en regorge.
Certes, je sais que nous ne vivons pas au pays des Bisounours, que la violence est partout, que je ne peux pas les protéger de l’extérieur et du monde qui nous entoure. Mais je veux leur donner les bases d’un équilibre psychologique sain.

Oh oui, ils auront toujours des choses à nous reprocher. Oui ils nous diront un jour « quand je serai papa/maman je ne serai pas comme toi ».
Oui je fais des erreurs, je ne suis pas parfaite. J’apprends comme j’essaye de leur apprendre. Être mère est la chose la plus difficile, la plus éprouvante que j’ai pu faire. Elle me force à l’introspection. Elle me force au dépassement. Elle me force à me demander ce que je veux offrir à mes enfants, et comment faire pour le faire au mieux. Il y a des hauts, il y a des bas. L’éducation est un travail de longue haleine. Prenons du recul sur nos actions, nos erreurs, remettons nous en cause, cherchons à nous améliorer. C’est ça aussi l’intelligence. C’est ça notre devoir de parent. Faisons le pour eux. Faisons-le pour nous.

 

 

NB ; une fois n'est pas coutume, je vais poser une condition pour ce billet : vous pouvez lire, vous pouvez aimer, désapprouver, commenter, mais les commentaires irrespectueux seront modérés. Vous avez le droit d’être du même avis que moi ou pas, bien évidemment. Mais je vous invite surtout à respecter mon point de vue car je ne souhaite pas rentrer dans des débats stériles du type  « t’as tort, j’ai raison ». J'ai vu ça chez d'autres qui se sont également exprimées sur ce sujet, je ne veux pas jouer au petit jeu de "qui a la plus grosse". Ici on est sympas, on se respecte hein :)

Un ptit vote pour moi les copains, ne m'oubliez pas hein ?

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ZeFannyMummy 10/11/2013 15:50

Salut,

Je suis globalement d'accord avec toi, les fessées que j'ai mises à Choupette doivent se compter sur les doigts d'une main et je n'en ai jamais mise à Loulou.
Mais il est vrai que parfois ça part, trop de fatigue, trop de stress, trop d'énervement et ça part. C'est entre autre la raison pour laquelle je suis contre un texte de loi. Pour cette raison et aussi parce que je pense qu'il faut quand même laisser une certaine latitude aux parents et les pardonner ...

Maman Blogueuse 10/12/2013 03:00

Bonsoir,
Je comprends ton point de vue.
Je suis personnellement plus pour un accompagnement du jeune (et moins jeune) parent sur les difficultés et la psychologie de l'enfant.
J'ai lu des bouquins, qu'il n'est évidement pas toujours évident de mettre en oeuvre en toutes circonstances.
Mais globalement, si c'était réellement interdit, probablement que les enfants également ne ressentiraient pas ça comme étant quelque chose de normal, banal presque (sans vouloir exagérer).
Il ne s'agit pas de faire de la répression, mais plutôt de pouvoir aider les parents à mieux réagir.
En toute transparence, je suis allée chez le psy gamine et jeune adulte, pour extérioriser plein de choses, de colère, d'incompréhension et de ressentiment. Pour apprendre aussi qui je suis via mon enfance, me découvrir.
ça aide, mais ce n'est pas LA solution.
Nous sommes humains, nous sommes faillibles, nous avons le droit de faire des erreurs.
Le problème avec la lattitude aussi c'est que ça peut déraper. Et ça dérape trop souvent.
Pas que je souhaite vivre dans un état policier, mais justement plutôt dans un pays où l'enfant est respecté (le parent également), et que l'on peut trouver un soutien éducatif et des conseils de professionnels sur une question aujourd'hui beaucoup trop prise à la légère
(Je suis pas certaine de réussir à faire passer ce que je veux dire, il est un peu tard là).

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