Bonsoir les copains (enfin, si vous êtes encore là).
Ce soir, je vais me livrer. Un peu. Beaucoup.
Je vais vous expliquer le pourquoi de mon absence. Pourquoi je n'ai rien écrit depuis une éternité.
Pourquoi il m'a fallut du temps pour reprendre le clavier.
Je n'avais pas encore la force et le recul pour tout dire. Je me suis posée 1000 fois la question. Je me suis demandée un
million de fois si je devais vous en parler. Ou pas.
Mais il faut bien que vous sachiez au minimum le pourquoi de ce silence radio.
Alors voilà.
Après la naissance de ChoupChoup, j'ai décidé d'utiliser le stérilet comme moyen de contraception. Afin d'éviter, si
possible, une grossesse surprise.
Il y a quelques temps, un lundi en arrivant au boulot, j'ai ressenti des douleurs abominables.
Je pensais que c'était des douleurs d'ovulation. Ou alors que j'étais méga constipée (oui, je sais, je suis hyper glamour
comme meuf).
Bref.
J'ai douillé.
Je n'arrivais plus à m'asseoir, à marcher, à me lever.
Bref.
J'ai réussi à engloutir un ibuprofène. Et c'est passé. Plus ou moins.
Le vendredi, la douleur continuait, de temps à autres. Je suis allée voir mon toubib, fait une prise de sang.
Sans y croire. Pour moi c'était tout bonnement impossible.
Et je n'ai pas cru au résultat. Enceinte.
Bon sang, comment est-ce possible ?????
La présence du stérilet me vaut un aller direct aux urgences.
Pendant le trajet, je me suis posée mille questions. Le garder ? Bien sur, s'il est là, et bah il est là quoi.
On est dingues ou on ne l'est pas après tout. Il va falloir tout réorganiser, ça va être la foire, mais bon on y
arrivera.
Et puis aux urgences on m'osculte.
Et le verdict tombe.
Bébé il y avait effectivement.
Mais bébé il n'y a plus.
Les médecins me disent que je suis hyper fertile, que j'ai de la chance.
Certains "amis" me disent que ce n'est pas grave, que ce n'était pas encore un bébé. Que la nature est bien faite. Que j'ai
déjà 2 beaux enfants. Que j'avais dit que pour le moment je n'en voulais pas d'autres.
Oui. Mais.
Mais mon bébé est parti.
Est-ce de ma faute ? Est-ce parce que je suis toujours par monts et par vaux ? Est-ce parce que je suis allée le week-end
avant chez Mickey et que j'ai fait des attractions que je n'aurais pas du ?
Quelle est la part de naturel ?
Ce bébé est-il aujourd'hui absent par ma faute ou celle de mon corps ?
Jamais je n'aurai la réponse à mes questions. Jamais je n'aurais la chance de le voir, de l'entendre, de l'embrasser, de le câliner, de le gronder, de le voir rire et pleurer, de le voir grandir.
Et c'est extrêmement difficile à gérer.
Alors oui, je sais. Je sais qu'une fausse couche n'est pas quelque chose d'exceptionnel, loin de là. Et je culpabilise de
penser à celles qui ont perdu "plus". Je pense à Mère Bordel ou à Ginie. Je pense à mes amies qui sont passées par cette épreuve.
Je pense à ce bébé qui fera partie de moi, quoi qu'il arrive.
A jamais.
Pour toujours.
Maintenant vous savez.
Le temps passe mais n'efface pas.
On est engloutis dans le quotidien et la gestion des affaires courantes.
On souris à nouveau, on rit même.
Mais le coeur est à vif, le manque et la douleur sont là.
Bientôt, je vous le promets, je vous posterai des trucs plus drôles.
Je souhaitais juste vous expliquer le pourquoi de mon absence.
Je pense fort à tous ces anges partis trop tôt. Tous ceux qui n'auront jamais eu la chance de vivre.
Je pense à ces familles qui soufrent de l'absence.
Je pense à ces mères qui ont une partie de leur coeur en moins.